S'engager dans la Marine

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Les témoignages de marins

La vie vue par les marins
Pour vous aider à comprendre les différentes spécialités, plusieurs marins vous livrent leur expérience.
 
Les métier de la Surface:
 
 
Les métiers de l'aéronautique navale:
 
 
Les métiers de la sous-marinade
 
 
 
Le maître Christophe.B est marin depuis près de vingt ans. Son bac en poche, ce grenoblois d’origine, passionné de chasse sous-marine et de ski, avait 23 ans lorsqu’il a décidé de s’engager dans la Marine. Il voulait devenir plongeur d’hélicoptère. Il nous raconte comment il a pu réaliser son rêve…
 
En quoi consiste concrètement votre métier ?
Je suis plongeur d’hélicoptère mais ma mission première est d’exercer mon métier de technicien aéronautique. Je suis chargé de détecter l’origine des pannes sur les éléments électroniques des hélicoptères de la Marine : systèmes de navigation, de détection, instruments de bord… J’assure ensuite le dépannage des équipements de bord et l’entretien des installations électroniques des bases. Ma particularité est que je possède en plus un certificat de plongeur d’hélicoptère c'est-à-dire que j’effectue des interventions de sauvetage en mer.
N’importe quel technicien aéronautique peut prétendre à passer le certificat de plongeur d’hélicoptère. Je considère que c’est un vrai plus pour ma carrière de marin (missions embarquées, avantages financiers…).
 
Pourquoi avoir choisi la Marine ?
J’ai toujours été passionné par la plongée et le monde de l’aéronautique m’attirait aussi beaucoup. Le métier de plongeur d’hélicoptère pouvait me permettre de combiner ces deux passions. Quand j’ai su que je pouvais faire ça, je me suis beaucoup renseigné (lycées, forums, proches…) pour savoir comment y parvenir. Je me suis rendu dans un centre de recrutement de la Marine, j’ai passé des tests psychologiques et médicaux et j’ai ainsi signé mon premier contrat de matelot.
 
Quel parcours de formation avez-vous suivi pour devenir plongeur d’hélicoptère?
Quand je suis entré dans la Marine, j’étais titulaire d’un baccalauréat technologique. Une fois mon contrat de matelot signé, j’ai d’abord suivi une formation élémentaire marine de 2 mois à Querqueville (près de Cherbourg). J’ai ensuite intégré une école de spécialisation à Rochefort (Charente-Maritime) pour apprendre mon métier de technicien aéronautique durant 6 mois.
Après deux ans d’affectation sur la base aéro de Lanvéoc à travailler comme mécanicien sur des hélicoptères Lynx, j’ai suivi de nouvelles formations en interne et j’ai ainsi obtenu le brevet d’aptitude technique et le certificat de plongeur de bord, étapes intermédiaires pour prétendre devenir plongeur d’hélicoptère. J’ai obtenu mon certificat en 1997.
Pendant la formation de plongeur d’hélicoptère, on s’entraîne à opérer des missions de sauvetage dans des conditions extrêmes (par exemple, de nuit, en mer agitée, avec des personnes blessées…). Il faut s’entraîner régulièrement pour être toujours opérationnel dans les conditions réelles de missions de sauvetage.
 
Quelles ont été vos différentes missions ?
J’ai toujours travaillé sur la base aéro de Lanvéoc dans le Finistère mais j’ai eu l’occasion de travailler sur le système avionique de nombreux appareils différents : hélicoptères Lynx, Super-frelon… J’ai pu embarquer sur des frégates anti-sous-marines pour mener des missions de service public et de secours en mer.
J’ai également  exercé des fonctions d’instructeur à terre pour apprendre à d’autres marins en formation le rôle de plongeur d’hélicoptère.
Parmi vos différentes expériences, quelle mission vous a le plus marqué ?
La mission qui m’a le plus marqué est ma première mission à l’issue de l’obtention de mon certificat. A ce moment précis, c’est la concrétisation d’un rêve.
A bord d’un hélicoptère Super-frelon, au large du Finistère, j’ai du plonger de l’hélico pour aller sauver un pêcheur en difficulté. Nous avons du placer la personne dans une civière pour la remonter à bord de l’hélico ; c’est le genre d’opération délicate qui demande de la  technique mais aussi beaucoup de sang froid.
 
Etre marin : que cela signifie-t-il pour vous ?
Etre marin, c’est faire un travail qui sort de l’ordinaire. Un marin, c’est quelqu’un qui connait la vie à bord, qui aime embarquer et faire des choses hors du commun. Etre marin, c’est aussi aimer la vie en communauté et l’esprit d’équipage.
L’avantage que nous donne la Marine, c’est que nous avons la possibilité de partir loin et de découvrir de nouveaux horizons. Par exemple, la marine m’a permis d’effectuer des plongées dans les plus beaux endroits du globe, en mer Rouge, dans les Caraïbes… Je n’aurais surement pas pu faire et voir toutes ces choses en exerçant un autre métier.
 
Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui souhaite faire votre métier ?
Il faut avant tout AIMER son métier, être sûr de soi et ne jamais douter. La Marine ne cherche pas des héros ou des athlètes de haut niveau, l’important est d’avoir une force d’esprit. Et puis, il faut aussi aimer sa spécialisation car avant d’être plongeur d’hélicoptère, je suis d’abord marin et technicien aéronautique.
 
 
 
 
Le maître Jonathan.V est marin depuis six ans. Diplômé d’un DUT Génie électrique & informatique industrielle, il travaille dans la Marine comme électronicien de bord. Il est âgé de 27 ans et est originaire du Var (83).
C’est l’envie d’action, le goût de l’aventure et l’univers de la mer qui l’ont conduit à s’engager dans la Marine.
 
En quoi consiste concrètement votre métier ?
Je participe à des missions de lutte anti-navire. Je suis intégré au sein d’un équipage d’hélicoptère. Avec le chef de bord et les autres membres de l’appareil, je prépare et élabore les missions. Je suis opérateur sur une console radar et conseiller tactique du chef de bord. Je peux également être treuilliste dans le cadre de missions de sauvetage en mer. De nuit, je peux même être amené à prendre les commandes de l’appareil quelques minutes lorsque le pilote n’a plus de visibilité à l’œil nu. Cela demande des responsabilités importantes !
J’ai également le rôle de « tireur appui-feu ». Par exemple, en mission en Somalie ou en Océan Indien, dans le cadre de missions de piraterie, je suis armé d’une mitraillette. Mon rôle est alors de couvrir et protéger l’équipe de visite (commandos) lorsqu’elle s’approche d’une embarcation hostile.
 
Pourquoi avoir choisi la Marine ?
J’ai grandi à Toulon et l’environnement marin était donc pour moi quelque chose de familier. Après l’obtention de mon DUT, je cherchais un métier hors du commun qui puisse me passionner et un environnement dans lequel les technologies modernes avaient une place importante. J’ai aussi choisi la Marine car j’avais l’impression de me retrouver dans les valeurs qu’elle véhicule, notamment l’esprit d’équipage et d’entraide…
 
Quelle formation avez-vous suivi pour devenir électronicien de bord ?
Je suis entré dans la Marine diplômé d’un DUT Génie électrique & informatique industrielle (NB : ce métier est accessible de Bac à Bac +3). J’ai d’abord intégré l’Ecole de Maistrance à Brest pendant près de 5 mois. Maistrance, c’est l’école qui forme les sous-officiers de la Marine, c’est LA formation généraliste du marin. Pendant 4 mois, nous y découvrons ce que va être notre vie au sein de la Marine. C’est intéressant et enrichissant mais c’est surtout à l’Ecole de spécialisation que l’on apprend vraiment son métier. Pour ma part, je suis parti en formation technique à l’Ecole du Personnel Volant pendant 5 mois avant de rejoindre ma première affectation.
 
Qu’avez-vous appris à l’Ecole du Personnel Volant ?
Mon métier, tout simplement ! Cours de navigation, transmissions radio, météorologie, électronique, anglais, mises en pratique sur vols test…
 
Où travaillez-vous ?
Je suis affecté à la flottille 36F sur la base aéro de Hyères dans le Var depuis septembre 2005. Je travaille sur hélicoptère Panther. Ces hélicoptères sont utilisés pour assurer la sureté de la force navale.
Je fais partie d’un équipage aéro composé d’un pilote, de personnel naviguant et de techniciens aéro. Dès qu’un bateau part en mission, nous embarquons avec l’équipage du bateau. J’ai déjà embarqué sur des frégates furtives, des frégates antiaériennes ou des frégates de défense aérienne.
Comme électronicien de bord, nous avons aussi la possibilité de partir en mission outre-mer (Martinique, Réunion) sur une frégate de surveillance.
 
Parmi vos différentes expériences, quelle mission vous a le plus marqué ?
Chaque mission est marquante… La plus marquante a été une mission de lutte contre la narco-trafic effectuée en 2007 en mer Méditerranée. Cette mission faisait intervenir une frégate, un groupe de commandos et un hélico. Après plusieurs jours de recherche, nous sommes parvenus à repérer et à arrêter une embarcation contenant de la drogue. Dans ce genre de mission, on touche du doigt la réalité de notre métier de marin : c’est l’aboutissement de nombreuses heures d’entraînement, c’est très gratifiant.
Quand on choisit la Marine, c’est pour vivre dans l’action.
 
Etre marin : que cela signifie-t-il pour vous ?
Etre marin, c’est d’abord être militaire. C’est connaitre les risques inhérents aux conflits et donc s’entraîner pour réduire ces risques. C’est aussi être disponible et mobile. Un marin, c’est aussi un professionnel et un spécialiste dans son métier.
Un marin est aussi un ambassadeur de la France à l’étranger ; on représente notre pays quand on est en escale, ce n’est pas anodin.
Pour finir, un marin doit avoir (ou acquérir) l’esprit d’équipage et d’entraide qui est essentiel au sein de la Marine, notamment dans le cadre de missions longues de plusieurs semaines… c’est cet esprit d’équipage qui permet de mieux vivre l’éloignement d’avec les proches.
 
Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui souhaite faire votre métier ?
Il faut d’abord être organisé et savoir s’adapter. Pour prétendre devenir marin et plus particulièrement électronicien de bord, il faut savoir faire preuve d’humilité pour se remettre sans cesse en question. Ce n’est pas une spécialité difficile mais cela requiert beaucoup de rigueur et d’humilité. Les règles évoluent, les procédures changent… il faut accepter de s’entraîner souvent et se repencher sur les procédures pour être toujours opérationnel pour les prochaines missions. Il ne faut jamais oublier que nous sommes avant tout militaires et qu’on peut être amené à faire des sacrifices.
 
Comment envisagez-vous la suite de votre carrière dans la Marine ?
Je passe actuellement un concours en interne pour devenir officier et acquérir ainsi plus de responsabilités. En devenant officier, j’ai la possibilité de devenir coordinateur tactique sur NH 90, les nouveaux hélicoptères de la Marine. Je continuerai à travailler dans un univers qui me passionne tout en ayant plus de responsabilités. La Marine permet à ses marins d’évoluer et je trouve ça particulièrement motivant.
 
 
 
 
Le maître Hélène.S est marin depuis dix ans. Elle exerce le métier de technicien aéronautique de spécialité avionique. Elle est âgée de 30 ans et est originaire de Nancy. La mer et l’envie de voyager l’ont naturellement guidé vers la Marine…
En quoi consiste concrètement votre métier ?
Je travaille au Service de Maintenance Aéronautique sur la base d’aéronautique navale de Landivisiau (29). Je suis chargée de détecter l’origine des pannes sur les éléments électroniques des hélicoptères de la Marine (plus particulièrement les Lynx et Super Frelon) : systèmes de navigation, de détection, de communication, instruments de bord… J’assure ensuite le dépannage des équipements de bord et l’entretien des installations électroniques des bases.
C’est un métier qui nécessite quelques compétences techniques mais je me suis engagée dans la Marine sans diplôme spécifique (un Bac agricole) et j’ai tout appris en interne. La Marine m’a permis de progresser rapidement du point de vue technique mais aussi en terme de responsabilités.
 
Etre marin : que cela signifie-t-il pour vous ?
Un marin, c’est quelqu’un qui sait s’adapter à toutes les situations et qui s’investit à 100% dans tout ce qu’il fait. Etre marin, c’est aussi vivre des expériences exceptionnelles qu’on ne vit pas dans n’importe quel métier.
 
Quelle est votre meilleur souvenir de marin ?
Mes deux années d’embarquement à bord du porte-avions Charles de Gaulle pour une mission au large de l’Afghanistan en 2006-2007. Je me suis rendue compte que c’était pour vivre ce genre d’expérience que j’avais choisi la Marine. A bord, il n’y a pas de routine, le rythme est soutenu et quelques fois épuisant mais c’est l’opérationnel qui prend le dessus.
 
Pourquoi avoir choisi la Marine ?
Mon grand-père était mécanicien aéronautique dans la Marine nationale. Il me racontait souvent son quotidien de marin, les pays visités lors des escales, la vie en équipage... C’est lui qui m’a donné envie de vivre la même vie… Choisir la Marine, ce n’est jamais anodin. Il ne faut pas être frileux à embarquer pour des missions de plusieurs mois. Il faut aussi aimer la vie en communauté, c’est une valeur fondamentale dans la vie d’un marin.
 
Comment vivez-vous votre condition de femme dans cet univers a priori masculin ?
Très bien ! Les femmes sont traitées de la même manière que les hommes. Elles ont tout à fait leur place pour exercer ce métier. Physiquement, c’est parfois difficile mais on y arrive très bien.
 
Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui souhaite faire votre métier ?
Pour être un marin épanoui, il faut être curieux de tout et avoir envie de tenter sans cesse de nouvelles expériences. Je lui conseillerais de s’investir à 100% et de ne pas appréhender l’embarquement et l’éloignement ; il faut vivre ces expériences le plus tôt possible. Une fois vécue, on ne peut plus se passer de cette vie.
La Marine laisse une chance à ceux qui sont motivés pour pouvoir s’accomplir. Avec mon niveau scolaire (un Bac agricole), la Marine m’a permis d’évoluer et de prendre des responsabilités que je n’aurais certainement jamais pu acquérir aussi vite dans le monde civil.
 
 
 
 
L’enseigne de vaisseau Aurélien.L a 27 ans. Il est originaire de La Rochelle. Il est diplômé d’un Bac STI option Génie Mécanique/Systèmes motorisés et exerce le métier de pilote de l’aéronautique navale au sein de la Marine depuis 8 ans. Il nous raconte son quotidien et sa vie de marin.
 
Pourquoi avoir choisi la Marine ?
J'ai choisi la Marine car j’ai toujours été passionné par le monde de l’aéronautique. C’est en volant sur de petits avions civils que je me suis rendu compte que je voulais en faire mon métier. En plus, mon père était pilote d’hélicoptère dans la Marine donc je « baigne dans la mer » depuis tout petit…
 
En quoi consiste-t-on concrètement le métier de pilote ?
Les pilotes de l’aéronautique navale peuvent mener des opérations aériennes au dessus de la mer et à terre à partir de bâtiments tels que le porte-avions, les bâtiments amphibies ou les frégates. Nos missions peuvent être variées : défense aérienne d’une force, assaut contre des unités en mer ou à terre, renseignement, lutte anti-navire, lutte anti-sous-marine, sauvegarde maritime et secours en mer.
On peut devenir pilote de chasse, pilote de multimoteurs ou pilote d’hélicoptères. Moi, je suis pilote d’hélicoptère (j’ai volé sur Alouette, Super Frelon et je suis en ce moment formé à piloter un NH90, l’hélicoptère « dernière génération » de la Marine).
Mais il faut aussi savoir que les pilotes ne font pas que piloter. Nous avons tous une fonction à terre : on peut être responsable des entraînements sportifs, des infrastructures, des cours de langue, chef du service général (chargé du respect de la discipline au sein d’une flottille)... Il faut donc savoir s’exprimer correctement, savoir rédiger et être organisé.
 
Les pilotes suivent-ils une formation spécifique au sein de la Marine ?
Oui. J’ai suivi une formation de près de trois ans pour accéder au métier de pilote. Ensuite, les pilotes sont en apprentissage continu. Chaque pilote passe sa carrière à apprendre des choses, on est en progression constante. La Marine forme ses pilotes au vol de différents appareils dans des conditions parfois extrêmes. C’est ce qui nous permet d’être toujours opérationnels.
 
Quel type de missions avez-vous déjà eu l’occasion de réaliser ?
Des missions de secours en mer, de contre-terrorisme maritime (soutien des commandos marine), missions de lutte contre les narcotrafiquants, contre les pollutions…C’est très varié et je trouve que c’est ce qui fait la richesse de ce métier, et du métier de marin en général.
 
Quel est votre souvenir le plus fort en tant que marin ?
Une mission de secours de six marins-pêcheurs en mer d’Iroise. Un bateau avait été éperonné par un cargo. Avec une équipe composée de deux pilotes, deux mécaniciens de bord, un plongeur, un médecin et un infirmier, nous avions pour mission de secourir les personnes. Toutes les personnes ont pu être sauvées pendant la mission : c’est dans ces moments que j’ai le sentiment d’exercer un métier vraiment utile.
 
Quel conseil donneriez-vous à un candidat qui souhaiterait exercer le métier de pilote ?
Pour prétendre au métier de pilote, il faut avant tout être mo-ti-vé ! La formation n’est pas évidente : il faut apprendre vite, savoir s’adapter et être humble. Il faut aussi régulièrement se remettre en question.
 
Est-ce qu’il faut avoir déjà piloté un avion pour prétendre devenir pilote au sein de la Marine?
Non, cela peut être utile et intéressant mais pas indispensable.
 
Etre marin : que cela signifie-t-il pour vous ?
Etre marin, cela signifie effectuer des missions riches et concrètes dans un cadre opérationnel: nous sauvons des vies ! Dans notre métier, il n’y a pas de routine.
Etre marin, c’est embarquer et changer d’univers et d’environnement de travail chaque jour. Il faut aimer ça, c’est important pour se sentir bien au sein de la Marine.
 
 
 
 
Le second maître Camille.L a 25 ans, elle est diplômée d’un Bac S et est originaire de Gironde. Elle exerce le métier de contrôleur aérien au sein de la Marine depuis 6 ans. Elle nous fait partager son quotidien et raconte sa vie de marin.
 
Pourquoi avoir choisi la Marine ?
J'ai choisi la Marine car la rigueur militaire m'a toujours attirée et je voulais avoir la possibilité d'exercer mon métier à bord d'un bâtiment. J'ai choisi l'aéronautique navale pour cumuler mon attrait pour l'aéronautique et pour celui de la Marine.
 
En quoi consiste-t-on concrètement le métier de contrôleur aérien ?
Le métier de contrôleur aérien a pour but de fluidifier et d'ordonner la circulation aérienne, soit sur une base aéronavale, soit à bord d'un navire porte-aéronefs. Nous travaillons dans une tour de contrôle (nous donnons les autorisations de décollage, d'atterrissage et nous gérons le trafic aérien circulant au sol et en vol) ou dans une salle d'approche équipée de radars (régulation des arrivées et gestion des départs dans un volume plus grand). Nous contrôlons les aéronefs militaires mais également les civils.
 
Quels sont les différentes affectations possibles pour un contrôleur aérien ?
Nous avons plusieurs affectations possibles : les affectations à terre comme les bases aéronavales telles que Lanvéoc, Landivisiau, Lann-Bihoué ou Hyères et les affectations embarquées comme les portes-aéronefs tels que le porte-avions Charles De Gaulle ou les BPC. Pour le moment, je n'ai exercé mon métier que sur la base de Lanvéoc mais j’ai hâte de changer pour découvrir d’autres environnements.
 
Etre marin : que cela signifie-t-il pour vous ?
Etre marin, pour moi, signifie aimer son métier, être mobile et savoir s'adapter à n'importe quelle situation.
 
Quel conseil donneriez-vous à un candidat qui souhaiterait exercer le métier de contrôleur aérien ?
Pour exercer ce métier, il faut avoir un bon niveau en anglais (la plupart des communications se font dans cette langue), de la rigueur et un bon esprit d'équipe.
L'avantage, dans ce métier, c'est qu'il y a toujours un nouvel objectif à atteindre car nous avançons par qualifications. Il faut régulièrement se remettre en question. C'est une spécialité très intéressante qui apporte beaucoup de satisfactions professionnelles.
 
 
 
 
Le second maître Florent.C est marin depuis deux ans. Il exerce le métier de technicien aéronautique de spécialité porteur. Il est âgé de 21 ans et est originaire de Vendée. Grand passionné de voile et de mécanique, Florent a pu, grâce à la Marine concilier ses deux passions…
 
Depuis quand êtes-vous dans la Marine ?
Je suis entré dans la Marine en février 2008. J’ai commencé par 5 mois de formation militaire et maritime à l’Ecole de Maistrance à Brest et j’ai enchaîné avec 9 mois de formation technique à l’Ecole de l’Air de Rochefort. J’ai ensuite rejoint ma première affectation : la base aéronautique navale de Lanvéoc dans le Finistère.
 
En quoi consiste concrètement votre métier ?
Je suis affecté au Service de Maintenance Aéronautique. Je m’occupe de l’entretien des Alouettes, des hélicoptères légers destinés à soutenir les actions des navires déployés à la mer. Régulièrement, nous démontons et remontons complètement les appareils pour s’assurer que ceux-ci soient bien opérationnels pour les missions. C’est un travail soutenu, complet et idéal pour un féru de mécanique comme moi !
 
Quel niveau scolaire faut-il pour exercer ce métier ?
Personnellement, j’ai un BAC STI Génie Mécanique. Il faut au moins avoir obtenu un Bac (général, technologique, pro) pour pouvoir accéder directement à ce métier au grade d’officier marinier.
 
Etre marin : que cela signifie-t-il pour vous ?
Pour moi, être marin, c’est accomplir des missions, naviguer sur toutes les mers du monde et c’est aussi respecter les valeurs militaires que sont la discipline et l’esprit d’équipage.
 
Pourquoi avoir choisi la Marine ?
J’ai choisi la Marine pour allier ma passion de la mer et de la mécanique mais mon rêve, c’est de devenir plongeur d’hélicoptère. Mon affectation à terre me permet d’avoir du temps pour m’entraîner et parvenir à obtenir cette certification en interne.
 
Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui souhaite faire votre métier ?
Pour exercer le métier de technicien aéronautique de spécialité Porteur, il faut être organisé, logique et être hyper méticuleux. Il ne faut jamais oublier que la vie des pilotes peut dépendre de notre travail.
 
 
 
 
Le matelot Jonathan.L est matelot Pont d’envol à bord du BPC Tonnerre* depuis 2 ans. Il est âgé de 21 ans et est originaire de Bordeaux. Son lieu de travail ? Les 5200 m2 de pont d’envol du bateau. Passionné d’aéronautique et de voyages, il nous confie ses impressions sur son métier et la vie de marin.
 
Quand êtes-vous entré dans la Marine ?
En mai 2008, il y a maintenant 2 ans.
 
Quel est votre rôle à bord du Tonnerre ?
Je suis matelot Pont d’envol ; c’est ma première affectation.  Je travaille sur le pont d’envol au plus proche des avions et des hélicoptères : j’assure leurs mouvements et les ravitaille en kérosène. Je suis aussi chargé de l’utilisation du matériel de protection et de fixation des aéronefs lors des décollages et des appontages.
De temps en temps, je suis aussi pompier c’est à dire que je veille à la sécurité du personnel et du matériel sur le pont d’envol. Je dois me tenir prêt à intervenir en cas de problème.
 
Comment êtes-vous entré dans la Marine ?
Avant d’entrer dans la Marine, j’ai suivi une formation d’électricien (CAP). J’ai monté un dossier de candidature au CIRFA de Bordeaux et quelques semaines plus tard, j’étais engagé !
 
Pourquoi avoir choisi la Marine ?
Un ami de mes parents est marin. Il m’a toujours beaucoup parlé de son métier et de ses expériences. J’aime bien l’écouter raconter son quotidien. Les missions opérationnelles, les voyages, les escales, l’esprit d’équipage… C’est lui qui m’a donné envie d’entrer dans la Marine.
 
Quel est votre meilleur souvenir de marin ?
Les nombreux pays visités (une vingtaine en 2 ans !). Mais mon plus beau souvenir, c’est New-York. On entend beaucoup parler de la « grande pomme » mais quand on y est, c’est encore plus magique ! Jamais je n’aurais imaginé avoir la possibilité de me rendre là-bas un jour et ça, c’est grâce à la Marine…
 
Etre marin : que cela signifie-t-il pour vous ?
Etre marin, c’est se sentir utile et c’est avoir l’impression de servir à quelque chose. C’est aussi partager l’esprit d’équipage qui règne au sein de la Marine.
 
Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui souhaiterait exercer le métier de matelot Pont d’envol?
Pour devenir marin, il faut aimer l’idée de défendre son pays. Il faut aussi adhérer à l’esprit d’équipage qui règne dans la Marine. En plus du goût pour l’aéronautique, le matelot Pont d’envol doit avoir le sens de l’action et un certain sang froid !
J’ai d’ailleurs déjà motivé mon meilleur ami qui a décidé de s’engager et qui commence bientôt sa formation au sein de la Marine.
 
* Bâtiment de Projection et de Commandement Tonnerre, 150 marins à bord
Evacuations de ressortissants, intervention humanitaire…ce navire mène des missions sur toutes les mers du globe. A la fois aéroport, hôpital et poste de commandement, le Tonnerre est capable de déployer à l’autre bout du monde toute une opération de commandement.
 
Le LV Paul.H, canonnier de la promotion École navale 1999, a occupé quatre postes de chef de service «Armes » d’aviso à frégate et a commandé le bâtiment-école Lynx avant d’être affecté à bord du Mistral en tant qu’instructeur opérations pour l’école d’application des officiers de marine (EAOM). Au sein du groupe des instructeurs «OPS», il forme les futurs «guerriers» du central-opérations (CO). Les officiers élèves apprennent avec lui à tenir la fonction d’officier de quart opérations (OQO) de petits bâtiments, jusqu’à aviso, qu’ils pourraient occuper dès le fin de leur cursus.
 
«Cette mission Jeanne d’Arc est le premier contact qu’ont les officiers élèves avec les opérations militaires, après une formation axée principalement sur la navigation et la formation pratique au commandement».
Le LV  est spécifiquement chargé de la formation à la lutte anti-aérienne ainsi qu’à l’auto-défense du bâtiment : tous les officiers élèves sont formés aux fonctions de chefs d’affût et tireur sur mitrailleuse de 12,7 mm. Cela leur permet de découvrir la chaîne de commandement et la mise en œuvre d’une arme d’artillerie de petit calibre. En ce qui concerne leur formation d’OQO, ils suivent des cours en amphi et participent surtout à des «synthex», exercices synthétiques au central-opérations dans les trois domaines de lutte (antinavire, anti-aérienne et anti-sous-marine).
Après des affectations tournées vers les opérations, le LV d’Hérouville s’est alors glissé dans la peau d’un instructeur. La motivation des officiers élèves lui a facilité la tâche. L’installation de l’école sur le BPC y est pour quelque chose: avec son CO moderne, ce bâtiment se prête bien à la formation. Il est complémentaire avec le Georges Leygues: les officiers élèves voient à la fois un bâtiment moderne et sans système d’armes intégré, et un bâtiment plus opérationnel mais plus ancien.
 
Que retire notre instructeur «OPS» de cette mission Jeanne d’Arc?
«L’actualité de 2011 est très motivant pour les officiers élèves, qui voient les applications concrètes et récentes de ce qu’on leur apprend au quotidien»
 
 
Originaire de Limoges, le quartier-maître T. s’est engagé dans la Marine il y a 6 ans.
Après un bac pro mécanique des systèmes automatisés avec une filière marine, il s’engage comme quartier maître de la flotte. Il suit plusieurs semaines de formation pour être mécanicien d’armes. Peu de temps après, il part rejoindre sa première unité: la FLF Courbet .
Il passe quatre ans à bord du bâtiment avant d’embarquer sur le pétrolier ravitailleur Meuse . Depuis un an, il épaule le chef du service armes du bord. Avec une équipe de cinq personnes, il s’occupe de l’entretien des armes et de la formation des jeunes fraîchement embarqués. Le PR Meuse soutient en combustible, eaux, médicaments, pièces de rechanges les bâtiments de combat de la Marine engagés dans l’opération Harmattan depuis plusieurs semaines.
Il voyage beaucoup, et n’a pas toujours beaucoup de temps pour sa famille; «lorsque je rentre c’est parfois court, c’est pourquoi je profite encore plus de ces moments en famille». Par ailleurs, la vie embarquée lui fait prendre «conscience des bonnes choses de la vie de tous les jours lorsque l’on rentre à la maison, par exemple le confort».

La Marine, il l’a choisie car il avait soif d’aventures et il n’est pas déçu. En six ans de carrière, il est parti de nombreuses fois, au Liban et océan Indien où il a participé à la mission Atalante. Il apprécie de partir en mission car cela soude un équipage. «Partir vers l’inconnu, tous ensemble, contribue à apprendre à se connaître, à veiller sur ceux qui travaillent autour de nous comme dans une famille».
 
 
 
 
Tout juste âgée de 18 ans, le matelot Jeanne.G a déjà passé un an à bord de la frégate anti-sous-marine Dupleix. De retour de mission antipiraterie en océan Indien, la jeune fille témoigne.
Vous êtes issue de la première promotion de l’École des mousses. Qu’est-ce qui vous a motivée à pousser la porte de cette école ?
À l’âge de 16 ans, une fois le brevet des collèges en poche, je voulais entrer dans la vie active. Au lieu d’arrêter net ma scolarité, le CIRFA de Poitiers m’a orientée vers l’École des mousses. Je me suis rendu compte que c’était un bon moyen de découvrir le monde et d’évoluer dans un univers « carré ».
 
Que retenez-vous de votre passage à l’École des mousses ?
J’y ai appris ce que veut dire être militaire et marin, ce que sont les valeurs : honneur, courage, patrie et discipline. On continue également notre enseignement
scolaire dans les matières traditionnelles : histoire, géographie, mathématiques et anglais. Nous pratiquons aussi beaucoup de sports. Parallèlement,
l’École des mousses nous a appris à vivre en communauté, à travailler en équipe et à nous respecter les uns les autres. Tout le monde est sur un pied d’égalité.
Après dix mois à travailler sans relâche, en donnant le meilleur de moi-même, j’ai reçu mon brevet.
Cette école m’a permis de m’en sortir.
 
Comment la transition entre la théorie et la pratique s’est-elle passée ?
Ce n’était pas toujours facile. Cette première mission en océan Indien m’a obligée à prendre sur moi
et à accepter de vivre longtemps en communauté fermée. Il y avait la découverte de nouveaux horizons et de nouveaux paysages, mais également celle de la
pauvreté dans certains pays, à un degré qui m’était jusque-là inconnu ! L’absence de la famille a été difficile au début, mais après on s’y fait, et puis le retour est magique ! J’ai également pu découvrir les autres spécialités embarquées sur un navire opérationnel, en particulier celle du mécanicien d’armes ; depuis, j’ai une nouvelle motivation : obtenir un brevet d’aptitude technique dans cette voie. Bref, si c’était à refaire, je le referais sans hésiter !
 
 
« Après avoir été certifié classificateur, j’ai senti de suite que l’ensemble du centrale opération comptait sur mes classifications et cela m’a responsabilisé davantage ».« J’ai aimé tenir ce rôle plus décisif à bord. Ce qui me plait avant tout quand je suis à bord d’un SNA, c’est l’action. Dans le CO, on est toujours sur le qui-vive, à l’écoute. Je trouve que le métier d’analyste est un métier passionnant car on est réellement les yeux du sous-marin. Tout le monde à bord est plutôt impressionné par le savoir-faire des analystes. Moi le premier, c’est pour cela que j’ai choisi cette voie. Et c’est encore plus flagrant dans le civil, avec les personnes étrangères à la marine. Les gens sont véritablement fascinés ! J’aime assez l’idée de pratiquer un métier hors du commun, qui fait rêver et impressionne par sa technique. C’est une reconnaissance par la communauté qui me touche Aujourd'hui encore, aucun système informatique ne peut accomplir ce que l’analyste effectue à l’oreille. C’est plutôt flatteur pour nous ! ».
 
 
 
Le second-maître Pascal G, né en 1984, est titulaire d’un bac professionnel Electrotechnique obtenu en 2003 au Lycée Chevrollier d’Angers, lorsqu’il intègre l’Ecole de Maistrance en 2004.
Il a alors été sélectionné pour  la spécialité d’Electromécanicien de Sécurité (EMSEC) et c’est à ce titre qu’il rejoint le CIN Brest pour suivre son premier niveau de formation. Le Brevet d’Aptitude Technique en poche il embarque sur la Frégate Dupleix avant d’être affecté en 2007 sur le TCD  Ouragan, alors en cours de désarmement.
A l’été 2007 il est muté sur le Var en Océan Indien comme adjoint au chef de la section Electricité/ventilation. A son retour de « campagne » en 2008, il devient chef de section au cours des matelots au CIN Brest puis l’année suivante chef de section, adjudant de compagnie, moniteur des premiers secours à l’école des mousses.
L’envie de naviguer se fait de nouveau ressentir. Suite à la refonte des spécialités EMSEC et MARPO (Marin Pompier) et ne s’imaginant pas poursuivre une carrière de marin-pompier en surface une fois breveté supérieur, il demande un changement de spécialité. Il choisit alors de devenir électricien. Retour aux sources puisqu’il s’agissait de son premier choix lors de sa candidature initiale pour l’école de maistrance !
Et puis, se dit-il alors, quitte à changer de spécialité et refaire un BAT, pourquoi ne pas se reconvertir ? Les sous-marins l’intéressaient depuis longtemps, mais aucune possibilité pour un EMSEC de rejoindre la Force. Pour le coup, ce changement de spécialité lui ouvre les portes des forces sous marines. Après son BAT d’électricien en 2011, il suit le stage de Connaissance Générale du Sous-marinier, dont il sort Major de promotion, puis il enchaîne avec le cours servant du Tableau de Sécurité Plongée avant d’embarquer sur le Triomphant. .
Ravi de cette première expérience sur sous-marin, il espérait accéder au Brevet Supérieur d’Atomicien pour retrouver un profil de carrière correspondant à son ancienneté. Ce sera bientôt le cas, puisqu’il est sélectionné pour suivre ce cours à la rentrée 2015
 
 
 
Avec ‘en poche’ un BEP et un BAC PRO ’restauration’ obtenu le 30 juin 2005, il entre dans la marine en janvier 2006 à Querqueville. Le quartier-maître F passe alors en juin 2006 son brevet équipage et son certificat d’aptitude technique de maître d’hôtel et oriente tout de suite sa carrière vers les sous-marins.
Il débute à Toulon en tant que maître d’hôtel commandant sur sous-marins nucléaires d’attaques. Tout en découvrant son métier, il y obtient son certificat élémentaire de sous-marinier et valide son brevet d’aptitude technique de maître d’hôtel. Après avoir servi pendant deux ans sur les SNA Perle et Rubis, il part pour Brest rejoindre les sous-marins lanceurs d’engins et embarque sur Le Téméraire en tant que maître d’hôtel adjoint. Enfin il poursuit sa carrière à bord du même bâtiment prenant, depuis le mois de septembre dernier, les fonctions de maître d’hôtel commandant.
Sa tâche principale ne se limite par à servir au carré commandant : il assure le fonctionnement et l’animation de ce qui peut s’apparenter à un petit restaurant : menus particuliers, gestion des souhaits des membres, etc..  Il occupe, comme tout un chacun, d’autres fonctions à bord (il est notamment brancardier au poste de sécurité).
Voulant s’impliquer dans la vie du bord, il est représentant du personnel équipage (quartier-maître major) depuis mars 2009. Fort de cette expérience, il est également, depuis mars 2010, membre du Conseil de la Fonction Militaire Marine. Ce goût pour  la participation et la concertation naît du souhait de travailler sur les nouvelles mesures et de pouvoir informer les membres de son équipage.
De ces 4 ans de sous-marins, il ne retire que des bons moments, issus de l’ambiance de camaraderie qui règne à bord et de l’implication de tous les équipages pour mener à terme les missions dans de bonnes conditions.
 
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